Rossinante ! | préface

 

Idée  Date de création du fichier Word 5 : 1er juillet 2004, 9 mois avant le naufrage, une grossesse. Des poèmes imprécatoires plus ou moins entés sur l’actualité, avec Don Quichotte pour figure tutélaire espagnole. Mais le “vieux” cheval efflanqué, la rosse au bout du rouleau, c’était moi, psychologiquement. Je n’allais pas à tarder à sombrer.
 

Rossinante,  précédé de J’enfonce est un livre de transition au sens le plus douloureux du terme. Un livre qui a failli ne pas exister, livre englouti au tréfonds des octets, sauvé des eaux de l’oubli. Œuvre impossible de l’après-Güero et de l’avant-dépression. Le projet de Petit côté doit en être à peu près contemporain.

Je vais y pédaler grave dans la choucroute poétique. Version après version, je n’ai plus de jus, j’ai l’impression tenaillante et proliférante de faire n’importe quoi, de perdre mon temps. De m’être épuisé jusqu’à l’os, d’être à bout de style. Les changements incessants de police, témoins d’une indécision très sûre, eux-mêmes préludent au naufrage.

Ces imprécations sous le double signe de Cervantès et de Céline sont avec le recul de vagues célinades poétiques. La grande prose elle-même m’apparaît comme un mauvais pastiche. J’y remplace les points de suspension par des points d’exclamation, la belle affaire. Elle est pourtant une porte entrouverte vers une œuvre nouvelle. Dans ce livre que je croyais n’en être pas un, il y avait plusieurs livres.