Qu’il soit détruit | extraits

 

V

 

Brise ou rafale
Une à une à dénuder la branche à l’amble
Au ralenti comme la rumeur sargasse
D’aisselle en ruelle en boulevard
Tel est son mâle ulcère, à la berlue

Baleine échouée dans les banlieues monosyllabiques
Un mur et c’est la guerre
C’est l’oiseau-cri par-dessus la boue :

“Abran el árbol en el alma llena de olmo”

Branle-haut de mon arbre maure
Des malblancs de mémoire
De ce nullipare à tête toltèque
Une bulle d’oubli
Absconse coincée dans le sang
Dans l’ombre combat
Et rebelotte, blette
rébellion pleine de bruits déhiscents
D’oubli dans la boue retombe
Rebondit sans bruit
Ta bouche morte dans le temps
Tabou, le temps tabou

Telle rune telle prune
À déniaiser sous la brousse oblique
Puis c’est attendre la ruée, l’ouverture de la chasse à l’homme
Ce saltimbanque à l’ombre du grand cèdre

Et de foudre ici-bas
De l’arbre étant l’étoile Voici le fruit
Lumière qui meurt et se déforme,
Fruit dont la lippe s’ouvre
Dont la lippe se ferme
Afin de t’emporter vers le tréfonds
Crispé sourcier sur un débris
De coudrier, frôlant
l’étouffement
Errant, hurlant sur le tranchant
De ce fleuve aux tibias sciés.