Préface  des préfaces

 

Des préfaces ?  Ceux qui n’aiment pas les préfaces peuvent aller directement aux extraits d’œuvres, accessibles par les sous-menus. D’autres préféreront peut-être lire la préface à la manière d’une postface, libre à eux. Les textes tiennent seuls, ils se passent de tout commentaire.
 

Par le menu  Il suffit de glisser le curseur sur les menus figurant en haut de la page, d’À propos à Contact, pour qu’ils s’ouvrent. Les quatre premiers menus ont ceci de particulier que leurs en-têtes eux-mêmes sont cliquables. Chaque article de menu ouvre sur une page ou un article. Voici à quoi ressemblent un menu et son sous-menu une fois déployés :
 

Le texte est illisible, mais on aura compris l'idée générale

Le texte est illisible, mais on aura compris l’idée générale

 

On voit que la page en cours apparaît en italiques dans le menu ou sous-menu. Une seule règle, très simple : pas de brusquerie quand on passe le curseur. Les menus à sous-menus n’aiment pas les diagonales impatientes, à vouloir aller trop vite vers le bas du sous-menu on risque de revenir au menu. Même chose dans les dossiers de favoris des navigateurs. De mon côté, je m’en tiens à une règle également simple : pas de sous-sous-menus.
 

Ni précipitation ni diagonales, ça se conduit comme un vélo

Ni précipitation ni diagonales, ça se conduit comme un vélo

 

Un peu d’histoire  Le projet de ce site est né en juillet 2013, très exactement le 17 juillet. Il est resté en sommeil pendant un an et demi, moitié par trac, moitié par flemme. C’est à la faveur de quelques semaines de congé que j’ai pu entrer dans le vif du sujet (plonger dans le cambouis du code). J’ai fait ce site sans connaissances techniques préalables, après qu’un ami m’a eu conseillé WordPress. Une fois lancé, j’ai cherché un thème qui me convienne. Par “thème”, dans le milieu select de l’HTML, on entend à la fois un habillage et un ensemble de fonctions. Celui sur lequel j’ai jeté mon dévolu est finlandais et spécifiquement destiné à la poésie : il s’appelle Runo Lite. M’être installé dans un thème finlandais alors que je venais de lire trois romans de Paasilinna m’a paru d’une logique tout ce qu’il y a de poétique et d’implacable. Voici le petit chef-d’œuvre livré clés en main par l’excellente Leena Lahti, alias La&La :
 

Runo Lite

Runo by La&La has been made especially for writers and poets

 

(Avant Runo, à vrai dire, j’ai fait un court passage par le thème Typo, lui aussi spécial poésie. La police de titre un peu à la Lucky Luke me paraissait engageante. J’ai vite déchanté en voyant que mes menus seraient à l’étroit.)
 

Write your heart out at WordPress.com

Write your heart out at WordPress.com


 

Première étape  Très ingrate et laborieuse, elle a consisté à mettre sur le site les échantillons d’œuvres. Ce qui signifiait pour moi les mettre en page : je ne concevais pas d’avoir pour tous les textes une mise en page uniforme. (Chacun de mes recueils, dès l’étape traitement de texte, prend forme avec sa propre mise en page. Celle-ci vaut ce qu’elle vaut, je ne suis pas graphiste et encore moins artiste, mais pour moi elle fait partie de la fiche signalétique de l’œuvre, de son profil.) L’ingrat et le laborieux viennent de ce que Runo Lite est conçu avec une mise en page standard, qu’il a fallu contrarier à grand renfort de HTML. Des joies simples ! Pour changer de mise en page, il faut en effet s’initier à un langage ésotérique, pré-scientifique, truffé de /span et /href, censé provoquer des apparitions à l’écran. Que dis-je, des merveilles, des prodiges… Ce n’est même pas montrable ici, car on ne peut pas afficher le code sans que le texte soit “décodé” à l’écran. Enfin, si vous insistez, je peux quand même faire une copie d’écran de l’éditeur de texte :
 

 La face cachée d'Internet, ce n'est pas la pornographie, c'est l'HTML — chose infiniment plus obscène.

La face cachée d’Internet, ce n’est pas la pornographie, c’est l’HTML — chose infiniment plus obscène.

 

Deuxième étape  4 avril 2015, j’entame la présente présentation, puis chacune des présentations suivantes. Je n’ai pas encore songé au terme plus simple de “préface”. Si un bon préfacier se présente, je suis preneur. En attendant, on n’est jamais si bien préfacé que par soi-même, comme dit le proverbe. Tous ces textes vont être rédigés à la main sur un grand bloc :
 

Bloc préfaces-1

3,50 F, un prix normal

 

Revenir au papier m’extrait de la boîte à octets et m’inspire : le cloud, le vrai, est un nuage de papier à petits carreaux. Huit jours plus tard j’attaque la saisie. Des après-midi entiers au café, à la table du fond, à usiner de la préface dans l’éditeur de texte WordPress, devant un double express suivi d’un Perrier, en barrant le texte manuscrit à mesure, activité roborative (tenir la barre) s’il en est :
 

Bloc préfaces-3

Version papier ou version Web ?

 
 

C’est quoi, ce site ?  Bref, comment je conçois un site de poésie. Mausolée ou vitrine ? Une vitrine sert à vendre un produit. Vitrine est bien pompeux, le mot sent la publicité. Je préférerais encore le terme d’échoppe, d’atelier-boutique. Être toute la journée dans son échoppe à fabriquer des trucs alambiqués. Le chaland passe, jette un coup d’œil à l’intérieur, s’arrête, repart. Un peu mortes, un peu vivantes, mes pièces uniques peuvent rester des années dans la vitrine avant de trouver l’acheteur, l’âme sœur. Curieux statut du “produit” poésie. La poésie, quelle part de marché ? Le Vatican, combien de divisions ?

Mausolée joue parfois le jeu de la transparence — et n’échappe pas au ridicule. Ce n’est pourtant pas le ridicule qui a tué l’embaumé… A tout prendre, il est encore plus ridicule de ne pas se montrer. Car enfin j’ai ici la possibilité, dans un seul espace, de présenter toutes mes œuvres faites et à faire. Projet modeste et pharaonique. Une Pléiade à monter soi-même, un peu tente de SDF mais digne. Hélas oui, la poésie est pauvre, elle est en haillons, elle n’a même jamais été aussi miséreuse en France, après un dernier âge d’or surréaliste dans l’entre-deux-guerres. Quelle place autre que saint-sulpicienne aujourd’hui pour la poésie dans un monde où chacun s’en réclame (c’est d’la réclame !) sans jamais en vivre ? Car il faut le clamer haut et fort : certains en vivent, vaille que vaille, et c’est d’une vie très matérielle qu’il s’agit. Il faudrait toutefois s’entendre sur le sens du mot matière. Et parler peut-être d’antimatière comme on parle d’antéchrist.
 

Partout par terre  La poésie est partout, nous dit-on. On parle de la force poétique de tout et n’importe quoi, d’une petite chanson, d’un beau paysage, d’une crotte de nez. Être partout revient à n’être nulle part. Comme les fantômes, la poésie n’a plus de lieu ou presque. Une âme errante en quête de hantises, d’incarnations, mais pas entièrement invisible, qu’on le veuille ou non. La poésie est très visiblement minoritaire que c’en est une honte. Car les poètes de qualité existent, même si la qualité de poète est des plus mal portées. On n’a jamais autant écrit dans ce pays — ni aussi peu lu de livres de qualité, quel qu’en soit le genre. Il s’agirait de passer d’une certaine invisibilité à un début de visibilité. Se percher en haut d’un site. Voir loin. Qui regarde le stylite perché en haut de sa colonne ? Un idiot, quelques uns tout au plus. J’arrive dans un contexte, un “marché”, qui est celui des sites et blogs de poètes ou pseudo-poètes peu importe. Les blogs. Même BHL a le sien. Gageons qu’il a bien dix admirateurs qui le suivent. Ce brouhaha, cette cacophonie des ennuyeux qui n’ont rien à dire. Ceux qui auraient quelque chose à dire sont suffisamment nombreux pour qu’on leur propose des thèmes spécifiques.
 

Un livre en plus  Ni vitrine, ni mausolée, ce site est purement et simplement une nouvelle publication. De même que la diction, que je pratique dès que l’occasion se présente, constitue un livre sonore parallèle, en plus des manuscrits et des textes publiés, dans les revues ou sous forme de livres. L’écriture est acte de communication : on peut soit publier, soit dire, soit mettre en ligne les textes. Act Éditions a été un temps en sursis, mon dernier recueil publié date de fin 2012. Entre-temps, j’ai eu seulement deux publications en revues, dans Le Moulin de poésie et Nouveaux délits. Et encore au prix de nombreuses portes mollement claquées au visage ou qui s’ouvrirent sur un intérieur déserté de longue date, aux relents de moisi et de toile d’araignée. Vers 1991, ma première salve avait abouti à un bien plus grand nombre de publications. Faut-il y voir le signe d’un assèchement de ce tout petit milieu ?
 

Le menu Poèmes  affiche la liste de mes recueils de poésie. Quand on clique sur le titre du volume, on peut lire une présentation ; le sous-menu propose des extraits, signalés comme tels, sous la forme “Volume | Extraits”. Les Futurs ou Le Güero sont en plusieurs volumes : quand on clique sur chacun d’entre eux, on parvient aux extraits, non signalés comme tels pour éviter d’encombrer un sous-menu déjà chargé.
 

Le menu Proses  contient la liste de mes recueils en prose. Projets présente logiquement la liste de mes projets, abandonnés, remis à plus tard ou en cours. Les titres, présentés un par un, renvoient chacun à un texte de présentation. Pas d’échantillons au lancement du site, j’en mettrai peut-être au fil du temps.
 

Quels textes présenter ?  J’ai bien réfléchi avant de livrer ma pauvre poésie (voir plus haut) aux voracités et autres véracités d’Internet. Quels textes ? Et surtout combien ? Il fallait trouver le milieu entre générosité et avarice. Ce sera entre deux et quatre échantillons par œuvre. Jusqu’à cinq s’agissant de textes anciens que je n’ai pas vraiment l’intention de publier. Il n’est pas question de tout donner ici. Ce n’est pas comme si j’étais peintre et que je montre de simples photos de mes œuvres. Je veux encore pouvoir exister dans le papyroespace.
 

Comment s’y retrouver parmi tous ces textes ?  Rien de plus simple. Les mises en page spécifiques signalent les extraits d’œuvres, les créations. Les autres textes seront dotés d’une présentation relativement neutre, en grisé, à courts paragraphes, sans justification. Un peu comme si l’Admin et le poète n’étaient pas la même personne.
 

Épilogue (25 juin 2015)  Je conçois ce qu’il peut y avoir de frustrant pour le visiteur à ne lire que des échantillons. Je promets plus que je ne donne, c’est la règle du jeu telle que je l’ai établie. Pour que le jeu se prolonge, encore faudra-t-il que je publie enfin toutes mes œuvres chez Act Editions. Auquel cas je pourrai renvoyer l’internaute alléché vers le site de mon éditeur, où il pourra commander les livres. Car je n’ai pas l’intention de faire un site marchand qui proposerait des versions e-book mal ficelées de mes textes. Autant que possible, je veux que mes livres soient beaux, même s’ils sont à parution lente.