Güero, I | extraits

 

 

l’annonce faite à mézigue

 

Un mur.
avec des seins,
même imperceptibles —
la porta dels mots
une porte en mots, en morts, tout comme ?
tout est calme.

est calme le calme des choses.
les langues se tuent, s’entretuent
en medio de las tetas, en el miedo
au sein des seins, des scindés, au bonheur
des sans-tête, quoi le monde
à queue à croix et à bannière, rigole.
l’étêté regarde.

les futurs, encore, en face d’église
je suis, tu es… ce crachat
de la sainte face dégoulinant
je vous salue, morue
j’m’appelle Jésus j’m’appelle reviens
baby come back, je croise l’archange Gaby
rue de l’Annonciation, ce cloaque
maxime où tout s’achève

¿dónde estás, hermanita?
hein t’es où, ma Gaby
y a rien au niveau de l’âme
j’m’appelle reviens
retourne au fin fond
ed’la reviendure,
enllà son tots els mots
au cœur de l’indicible horreur, une clairière
cœur battant comme les flots, doucement sur la coque
au milieu même du labyrinthe monstre-mère

un dédale simple comme une cabane
ventricules, valvules, la cheminée, le ciel
fermé autour, ouvert ici

nunca mires hacia atrás, mi hijito
regarde jamais en arrière, fiston
tout commence là, ça donne le la
la nit, la llet, lætitia
empecemos por los pezones
¡ni qué pezones ni qué mierda!
pas plus de mamelon que de beurre au cul
le mont chauve, rien
dedans, l’âme lac aux eaux noires
ça vous porte faute de bercer
c’est rêche, ça râpe comme un cri de perruche
ça vous porte, vous êtes au plus bas
en dessous du niveau de l’âme

« tu m’as perdu… »