Lierre terrestre | préface

 

Titre  L’ensemble est conçu comme une constellation absurde — avec sa nécessité interne, s’entend — de villes. Une sorte de lierre, mais rampant au sol, à reproduction végétative par stolons, m’apprend Wikipedia. Je précise que quand j’ai écrit ce livre Wikipedia n’existait pas.
 

Signes  À 6203 signes, c’est mon livre le plus court. Douze quatrains conçus d’emblée comme une petite série. Des miniatures textuelles. En dehors du long avertissement, les poèmes proprement dits font moins de 2 feuillets en tout. Ce n’en est pas moins un livre fini, un petit solide à douze faces. Autre livre de transition, composé entre Tamraght (où je l’ai conçu) et Paris (où je l’ai terminé) en passant par Barcelone, où j’ai écrit la plupart des textes.
 

Sens (et non-sens)  Les lierres ne sont pas des poèmes d’“expression”, plutôt d’étranges objets, points grouillants dans l’espace de la page, tantôt lumineux, tantôt obscurs. Par souci de clarté, dans ce qui était peut-être mon premier Art po, j’ai dit ce que j’avais mis dans l’un de ces textes.
 

Avant Les Simples,  ce sont mes poèmes les plus abstraits. Les quatrains en vers libres partent chacun d’une rêverie sur un nom de ville, choisie au gré de l’atlas et retenue pour sa belle sonorité ou sororité, mon fil d’Ariane… La forme est si ramassée que je ne peux simplement pas donner libre cours à un quelconque discours baroque, ce qui serait ma pente.
 

Technique  Techniquement, je me suis senti enfin d’attaque pour une série. Série sans réel sujet, si ce n’est une trame, celle du lierre, avec le retour rythmique des noms de villes (les prétextes). Une préparation douce à Essaim, série à gros sujet fixe, l’arbre. Le livre, plante épiphyte, annonçait l’arbre à mon insu même : je le dirai dans Essaim (“Et si le lierre, loin d’être arraché…”).