Page du ciel | projet

 

L’idée d’une page blanche (ou bleue), de ciels qu’on pourrait effeuiller, parcourir. Le ciel comme page m’apaise, fût-elle blanche. Comme si c’était l’envers même de la tempête, intérieure ou non — un dépassement de la tempête. Je ne perds pas de vue que cette image du bonheur est tout uniment une représentation de la mort, mais elle aussi apaisée, sans morts en quelque sorte. Voilà pour le titre.
 

Quant au propos, j’aimerais traiter en poèmes (ou en proses) ce que j’appelle des instantanés de mémoire. Beaucoup de souvenirs ne racontent rien, ne s’accompagnent d’aucun discours : ils sont juste accrochés à un mot qui dès lors qu’on l’entend ou qu’on l’emploie suffit à les raviver. J’aimerais présenter ces instantanés comme j’ai fait mes photos de famille dans Les Futurs, sauf que là je ne travaillerais que sur la mémoire, des fantômes intérieurs, mémoirures, corps flottants. Qu’est-ce qu’une mort apaisée aurait à voir là-dedans ? On ne serait plus dans la lumière de la mémoire mais dans un royaume des ombres, ombres délicates, ombres douces de qui va s’endormir.